La Guinée vient de franchir une étape décisive dans le développement de ses infrastructures numériques. Le pays a signé un contrat de construction et de maintenance d’un deuxième câble sous-marin à fibre optique, treize ans après l’installation de son premier lien international aujourd’hui proche de la saturation.
Pourquoi la Guinée a besoin d’un deuxième câble sous-marin
Depuis plus d’une décennie, un seul câble sous-marin assure la totalité du trafic internet international de la Guinée. Face à l’explosion des usages numériques portée par les particuliers, les entreprises et les administrations ce câble approche désormais de ses limites de capacité.

C’est dans ce contexte que le gouvernement guinéen a décidé d’agir. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté ce nouveau contrat comme une réponse directe à la pression croissante sur les infrastructures existantes et comme un levier essentiel pour la croissance économique du pays.
Tripler la capacité internet : la mission du Ministère du Numérique
Le suivi du projet a été confié au Ministère des Communications, de l’Économie Numérique et de l’Innovation. Sa feuille de route est ambitieuse : tripler la capacité internet nationale dans les meilleurs délais.

Pour y parvenir, le ministère devra agir sur plusieurs fronts : déploiement du nouveau câble, extension du réseau de fibre optique terrestre, et optimisation de l’infrastructure existante pour maximiser la portée géographique et économique de l’investissement.
Un projet aligné sur l’agenda de transformation numérique de la Guinée
Ce câble sous-marin ne s’inscrit pas dans le vide. Il fait partie d’une stratégie nationale plus large visant à faire du numérique un moteur de développement économique. Amadou Oury Bah a explicitement lié cet investissement aux ambitions de diversification et de modernisation de l’économie guinéenne.
Le gouvernement insiste également sur deux dimensions souvent négligées dans les grands projets d’infrastructure : la viabilité économique à long terme du réseau, et l’élargissement de l’accès à internet pour l’ensemble de la population et non uniquement pour les grandes villes ou les acteurs économiques majeurs.
Câbles sous-marins en Afrique de l’Ouest : la Guinée rejoint la dynamique régionale
À l’échelle du continent, le renforcement des câbles sous-marins est devenu une priorité stratégique. Des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Nigeria ont multiplié leurs connexions internationales ces dernières années pour soutenir la croissance de leurs écosystèmes numériques.

Avec ce second câble, la Guinée comble un retard structurel et se donne les moyens de jouer un rôle plus affirmé dans la connectivité régionale. Conakry pourrait, à terme, s’affirmer comme un nœud de transit important pour l’Afrique de l’Ouest.

